10 déc. 2014

[Eco-terrorisme new-age ?] Le ton monte sur la ZAD de l'Île-en-Mouvement

DR Collection priv.
"Art réaliste officiel début XXIe"
« Quand j'ai vu tous ces enfants jouer sur le gazon la première fois, j'avoue, j'en ai pleuré ». Charles Gemeubouge, le Feschois, est triste, mais aussi en colère, bien déterminé à lutter contre ce qu'il considère comme une insulte à ses racines. Car pour lui, l'Île-en-Mouvement représente une manœuvre plus dangereuse qu'il n'y paraît.
« Ce n'est ni plus ni moins qu'un complot politique destiné à faire admettre à la population la fermeture imminente de l'usine Peugeot, et pis c'est tout. Ça commence par la suppression d'un parking, et on sait bien où ça finit, hein... Moi désolé, loi ou pas loi, je pense à l'avenir de nos gosses ».

Valenciennes, Mulhouse, Sandouville

« Je me souviens, quand j'étais gamin, ici c'était un vrai hall d'exposition à ciel ouvert. Je connaissais tous les modèles de bagnoles. Sauf les Lada bien sûr ; mon père y disait que c'était des bagnoles de tapettes. Pis on allait faire des courses au Leclerc, enfin, au Ravi, qu'était là, juste au bout, parce que mon père y disait que le Prisunic c'était un magasin de tapettes. » se remémore Charles, le cœur au bord des lèvres. « Maintenant, tous ces arbres, toute cette herbe, ça me fait vomir... ». 

Sur place, "Charles-Le-Rouge" coordonne la centaine de militants venus le soutenir dans son combat. L'Île-en-Mouvement est devenue, en une semaine, une véritable Zone À Défendre. Des militants venus de toute la France — Valenciennes, Mulhouse, Sandouville… — ont érigé des campements qui barricadent littéralement le site. « Certains parents essaient de nous apitoyer avec leurs poussettes, mais on tient bon », explique Martial Boursin, venu en voisin prêter main forte, certes de manière un peu inattendue (il a longtemps présidé le Official Lada's Fan Club of Audinliard).

Dis, Roger, t'es sûr de l'illustr', là ?
Zone À Défendre

Impossible désormais de pénétrer dans l'Île : les zadistes ont juré de ne quitter les lieux que quand les pouvoirs publics auront validé la reconstruction du parking, et pas avant. « Vous comprenez, ce parking, c'était tout un symbole pour notre Déhupéhème, et sans doute même pour l'Hééérurrbenne tout entière. Si on continue comme ça, on va se garer où ? Vous avez pensé à ces retraités qui sortent leur 208 de l'ARS [ancien nom du trust MayDay Inc., ndlr] ?? On n'est plus chez nous, notre patrimoine local est défiguré. Aujourd'hui on plante des arbres, et demain ce sera quoi ? Des musées ? Oh, rien que d'en parler, ça m'écœure ».

Le soutien du président de la Glo

Pour l'heure, les services de la Préfecture de Dijon-capitale-régionale n'ont pas souhaité répondre à nos questions. Les CRS ont été déployés, mais restent en retrait. « On a reçu une proposition de ZAZ et de Keny Arkana pour venir faire un concert de soutien, mais on a dû refuser : déjà parce que mon père y dit que c'est de la musique de tapettes, et pis parce qu'on voulait pas créer de pollution sonore sur le site. On assume d'être des zadistes new-generation, mais on veut pas passer pour des criminels éco-terroristes quand même » soulignent en chœur MM. Gemeubouge et Boursin.

Ému par l'installation de la ZAD, Marcelin Bobo-No ("Bonobo" ? "Bandpabono" ? — ...'tain fait vraiment pas bon être secrétaire de rédaction dyslexique à L&P Montbé, j'te jure, ndlr), Marcelin, donc, qui s'y connaît en bagnoles — « ouais mais pas les Ladas, hein, c'est des voitures de tapettes » nous a-t-il précisé  — a manifesté son soutien en venant à la rencontre des occupants dimanche soir. Il leur a d'ailleurs promis de porter, lors du prochain conseil à PMA, le poncho « Gazon partout parking nulle part », fabriqué en pneu recyclé par la casse-auto de Brevilliers. « Si, ¡ no pasaran !, frère » lui a lancé Charles Jmebouge, la main sur le cœur et le regard embué. À suivre donc dans nos prochaines éditions — ou pas.

— de notre importé spécial de la République du Saugeais, Régis Metton,
assisté de près par Moshe Troumann,
relu LLMB

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